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Plus Jamais ça !

La France a peur... encore et toujours

Page publiée le 12 février 2025

La peur qui s'est installée il y a 49 ans n'a pas disparu ; elle a changé de visage, imprégnant chaque recoin de notre quotidien. Mais face à cette angoisse persistante, la France doit retrouver courage, restaurer l'ordre et redonner du sens pour protéger ses enfants.

C’est par ces mots glaçants, « La France a peur », que Roger Gicquel, journaliste, ouvrait le journal télévisé du 18 février 1976. Un demi-siècle plus tard, la peur n’a pas disparu. Elle a changé de visage, s’est transformée, enracinée dans notre quotidien. 49 ans après, je m’en souviens. Comme si c’était hier.

Nous pensions avoir tout vu, tout entendu. L’affaire du petit Philippe Bertrand, victime de Patrick Henry, nous avait fait basculer dans l’horreur.


Rappel des faits : Le 30 janvier 1976, Philippe Bertrand, un garçon de 7 ans, disparaît sur le chemin de l’école à Troyes. Après plusieurs jours de recherches, Patrick Henry, un jeune homme de 22 ans, est arrêté puis relâché faute de preuves, avant d’être finalement confondu par un journaliste.

Lors de son interpellation le 17 février 1976, Patrick Henry avoue avoir enlevé et séquestré l’enfant dans une chambre d’hôtel, espérant obtenir une rançon. Mais, pris de panique, il l’étrangle dès le premier jour et abandonne son corps sous un lit, emballé dans une couverture. Son procès en 1977 marque l’histoire judiciaire française : défendu par l’avocat Robert Badinter, il échappe à la guillotine et est condamné à la réclusion à perpétuité.


Cette affaire, marquée par l’horreur du crime et le débat sur la peine de mort, bouleverse la France et alimente le climat de peur et de méfiance envers la justice et la société.

Entendons nous bien, je suis contre la peine de mort. En revanche il faut que la justice, les politiques revoient tout le processus pour éviter que cela se reproduise. Depuis 1981, 44 ans qu’il y a des failles dans l’application des peines et il est temps d’agir.


J’ai en mémoire  les crimes de Fourniret, les drames de Grégory, de Maëlys, de Thomas, d’Elias, et tant d’autres visages d’innocents arrachés à la vie par la barbarie. Hier encore, c’était la petite Louise, 11 ans, assassinée sans raison.


La peur ne nous a jamais quittés… Combien de meurtres d’enfants avons-nous comptés depuis ce sinistre 18 février 1976 ? Trop. Derrière ces noms, il y a des familles brisées, des parents détruits, des peuples qui pleurent. On nous répète que ce sont des faits divers, que la société ne devient pas plus violente, que la criminalité baisse. Mais alors, pourquoi cette peur ne nous quitte-t-elle pas ?

Il y a deux visages à cette violence : celle des adultes, prédateurs impitoyables, et celle des mineurs, qui tuent parfois pour un simple téléphone ou un mauvais regard. Un enfant assassiné par un adulte, c’est une tragédie. Un enfant tué par un autre enfant, c’est un effondrement. Cela signifie que nous avons failli, que notre société a généré des monstres là où elle aurait dû protéger.


49 ans après, la France a toujours peur.

Elle a raison d’avoir peur. Je suis catholique et libertaire, et je ne peux me résoudre à accepter cette fatalité. Nous avons laissé la sécurité de nos enfants aux mains d’une société qui ne protège plus, qui excuse, qui relativise. Nous avons brisé l’autorité, disqualifié la morale, nié la transcendance qui, seule, permet d’élever l’homme au-dessus de la bête. Sans foi ni loi, le chaos s’installe.

J’ai peur pour mon petit-fils de 12 ans. J’ai peur lorsqu’il sort, lorsque son regard croise celui d’inconnus dans la rue, lorsque je ne peux être à ses côtés pour le protéger. Nous sommes nombreux à vivre cette angoisse, à guetter notre téléphone, à prier pour ne jamais recevoir cet appel qui nous arracherait à la vie.

La France ne peut pas se contenter d’avoir peur. Elle doit agir. Retrouver du courage. Restaurer l’ordre. Redonner du sens. Nous avons voulu une société sans transcendance, sans cadre, sans père. Nous en payons le prix. La peur grandit lorsque la justice faiblit, lorsque la voix des victimes est étouffée par celle des coupables.


Il y a 49 ans, la France découvrait l’horreur. Aujourd’hui, elle vit avec. Mais ce n’est pas une fatalité. Pour que nos enfants puissent grandir sans crainte, il est temps de faire reculer le mal. D’affronter cette peur, non en l’acceptant, mais en la combattant. Avec fermeté. Avec foi. Avec espoir.

Didier Antoine

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